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"Se parfumer, un rituel pour se reconnecter à soi" - Agathe, créatrice des parfums Ajnalogie


Originaire de Reims, Agathe a grandi dans une famille de producteurs de champagne. Elle est passionnée par les parfums depuis que toute petite elle a appris à les reconnaître en commençant par… le vin. Elle vient de lancer Ajnalogie, une marque de parfums non genrés qui mêle l’art de la parfumerie et l’aromachologie, la science des odeurs. Elle nous parle de la relation entre odeurs et émotions et de comment l’on peut prendre soin de soi par le parfum.

 

Comment en es-tu venue à t’intéresser au lien entre odeurs et émotions, et à lancer une marque de parfums pour faire vivre ce lien ?

Depuis toute petite, je suis passionnée par les parfums. C’est une histoire de famille : mes parents sont producteurs de champagne, et quand ma sœur et moi étions enfants et ne pouvions pas boire de vin, ils nous ont appris à les sentir. Depuis, ma sœur est devenue œnologue et je suis dans le parfum, ce n’est certainement pas un hasard !

C’est une vraie passion personnelle et en grandissant je me renseigne sur ce milieu qui me nourrit pendant quelques années. Et puis un jour, j’arrête totalement de me parfumer. Je ne me reconnais pus dans le milieu de la parfumerie qui me semble scindé en deux : d’un côté, la parfumerie classique, celle qu’on trouve chez Séphora par exemple, qui ne me plaît plus depuis longtemps parce qu’elle manque en général de complexité et n’exploite bien souvent que des matières premières de mauvaise qualité ; de l’autre côté, ce qu’on appelle la parfumerie de niche, plus élitiste, qui met en valeur la création d’un parfumeur, mais reste dans la verticalité. Or, ce que je souhaitais, c’était me parfumer avec quelque chose qui me parle à moi, qui corresponde à ma personnalité. Je suis quelqu’un d’hypersensible, je prête beaucoup d’attention à ce que je ressens, et j’avais envie que le fait de me parfumer vienne nourrir ma connaissance de moi, me permette de me faire du bien et d’accepter toutes les parties de ma personnalité.

Sans compter qu’en parfumerie, on utilise des plantes, pourtant on ne parle pas de leurs bienfaits et des vertus des odeurs pour les être humains. Ajnalogie est né de la volonté de créer des parfums qui apportent ce bénéfice des plantes et des odeurs aux personnes qui les portent. Ma vision, c’est d'allier l’art de la parfumerie et sa dimension esthétisante avec l’aromachologie, la science des odeurs. C’est pour cela que je travaille avec Eléonore de Stael, une parfumeure qui travaille en 100% naturel, ce qui est très rare dans le milieu de la parfumerie.

agathe jaquinet ajnalogie

Justement, qu’est-ce que l’aromachologie ? Comment fonctionne ce lien entre odeurs et émotions ?

L’aromachologie, c’est l’influence des odeurs sur le psyché émotionnel. Il y a vingt ans, on a découvert que les odeurs suivaient le même chemin neurologique que les émotions. Odeurs et émotions sont liées en ce sens qu’elles s’adressent directement à la mémoire sans passer par la raison. J’ai ainsi suivi une formation en olfactothérapie, la thérapie par les odeurs, où le principe était justement de se servir de ce lien direct entre mémoire et odorat pour s’adresser directement à la mémoire lorsque les mots sont bloqués.

J’ajoute que cette proximité entre odeurs, émotions et mémoire implique une dimension très personnelle et il est donc très difficile en aromachologie de faire la part de ce qui relève de la généralité de la science et du vécu de chacun. Par exemple, la lavande est reconnue en pharmacologie pour ses vertus apaisantes, mais son effet bénéfique sur une personne dépendra des souvenirs, positifs ou négatifs, que cette dernière aura associés à cette odeur. Cette dimension personnelle est également fortement influencée par la culture : ainsi, une odeur d’encens est souvent associée à une image d’église ou de temple en Occident, et donc au sacré, elle n’aura pas forcément cette dimension dans d’autres cultures qui n’ont pas les mêmes pratiques cultuelles.

Même si comme tu le dis, il y a une dimension personnelle et culturelle dans notre rapport entre odeurs et émotions, y a-t-il des odeurs qui de manière générale aident à se détendre et à gagner en sérénité?

Il y a effectivement des odeurs qui sont associées au bien-être dans le milieu de la parfumerie. En 1992, lorsque la famille des gourmands – vanille, chocolat, etc. – est arrivée dans le monde de la parfumerie, avec Angel de Thierry Mugler, elle a été très vite associée à un sentiment de plénitude, de sérénité. Il faut savoir que la vanille est composée de vanilline que l’on retrouve également dans le lait maternel, il y a donc un lien direct entre lait maternel et vanille.

Lorsque j’ai conçu le parfum Sérénité avec la parfumeure Eléonore de Staël, j’ai réfléchi justement à ce qui pouvait évoquer l’insouciance de l’enfance. J’ai marié des essences gourmandes de vanille et de fève tonka avec des fleurs blanches qui sentent le propre et le cocon de l’enfance, comme le jasmin, la fleur d’oranger et le néroli. L’idée derrière ce parfum, c’est de replonger dans le lâcher-prise du nourrisson qui a bu son lait et qui se sent juste bien. J’ai cherché le bon équilibre entre les vertus spécifiques des essences et l’influence de notre culture sur notre ressenti pour proposer un parfum qui évoque la sérénité.

parfum sérénité d'ajnalogie

Y a-t-il un mode d'emploi dans le choix des odeurs pour influer sur notre ressenti et la façon de se parfumer ? 

Aujourd’hui, à moins d’être un professionnel de la parfumerie, on n’a pas d’éducation aux odeurs. Quand je fais sentir des parfums beaucoup de gens ont honte, parce qu’il ne savent pas reconnaître les odeurs. Mais pour moi, ce n’est pas ça qui compte, je leur demande plutôt de me dire ce qu’ils ressentent. Ce qui me touche, c’est cette dimension thérapeutique, psychologique de l’odorat : lorsque je me parfume, je vais voir ce qu’il se passe à l’intérieur de moi. On peut se parfumer en fonction de ce qu’on ressent ou de ce que l’on veut ressentir au moment où l’on se parfume, rechercher une essence associée au désir ou à la sérénité par exemple, ou alors se parfumer en fonction d’une odeur qui nous attire et qui va nous éclairer sur la façon dont on se sent, sur ce dont on a besoin pour la journée. Il y a des périodes où je porte toujours le même parfum, par exemple la semaine dernière j’ai beaucoup mis Sérénité, et aujourd’hui je peux te dire que c’était une semaine hyper stressante où j’avais besoin d’une bulle de réconfort. Samedi soir, je ne suis pas sortie parce qu’il fallait absolument que je me repose ; j’ai sprayé un peu de sérénité sur mon oreiller et je me suis sentie bien.

Ce que je tente de faire in fine, c’est de redonner un sens au geste de se parfumer pour alimenter le dialogue entre nos émotions et les odeurs. Par exemple, la pipette qui accompagne mes parfums permet de se parfumer à des endroits bien précis tels que l’intérieur des poignets ou des coudes, pour pouvoir aller sentir son parfum à plusieurs reprises dans la journée et profiter de ses bienfaits, comme on le ferait avec une huile essentielle. Pour moi, le parfumage doit être un rituel que l’on accomplit en pleine conscience pour se reconnecter à soi plutôt qu’une action que l’on fait en mode automatique tous les matins.

Que conseillerais-tu à ceux qui s'intéressent à l'aromachologie et veulent approfondir la lecture de cet article ? 

Patty Canac est aromachologue, elle offre des livres grands publics, et des formations pour découvrir l’aromachologie. J’ai aussi enregistré un podcast sur ce sujet avec Beauty Toaster.

Et ensuite, je conseillerais de le faire à l’instinct par exemple en se servant des parfums d’Ajnalogie.


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